Le catalan, disparition ou imposition ?

Trois générations d’une famille catalane se réunissent le soir de noël. Ils envisagent de façons différentes la langue catalane. Son histoire est représentative d’une société qui cherche sa propre identité et ça place en l’Espagne.

Deux langues latines se partagent le salon de Teresa Balaguer le soir de Noël. L’espagnol et le catalan s’entrelacent amicalement, comme les personnes qui les parlent. Ils habitent loin pendant l’année, mais à Noël ils se rejoignent pour partager une journée en famille. La conversation coule entre des assiettes pleines des plats traditionnels catalans. Elle se développe en espagnol, grâce au bilinguisme de la partie catalane de la famille. Les Madrilènes arrivent à comprendre le catalan mais ils ne le parlent pas.

Mme Balaguer, bien que née en Catalogne,  parle l’espagnol comme langue maternelle. « Mes parents m’ont toujours parlé en espagnol. Ils pensaient que c’était plus important d’apprendre correctement le castillan [nom original de la langue espagnole] que le catalan, et j’ai appris ce dernier pour le travail. C’était aussi une autre époque ; avec Franco, le catalan était très persécuté»

Indépendantistes catalans à Bruxelles

La dictature de Franco a interdit la diffusion publique et l’enseignement du catalan. Cette situation, accompagnée de l’immigration des années soixante et soixante-dix  d’autres régions de l’Espagne, il a réduit radicalement la présence de la langue catalane en Catalogne. La transition démocratique a introduit dans la Constitution la possibilité d’adopter des langues co-officielles. Le catalan est donc devenu langue co-officielle du castillan en Catalogne.

La fille de Mme Balaguer, Marta Noi, n’était qu’une enfant lorsque la démocratie a démarré. Elle est aussi hispanophone, parce qu’elle a toujours parlé en castillan chez elle et ses premières années d’école n’ont été qu’en espagnol. Elle a appris le catalan au collège et  avec ses amis. Sa vie professionnelle s’est développée entre les deux langues, dans une entreprise d’origine catalane mais leader du secteur dans toute l’Espagne. Par contre, elle se sent plus proche du catalan par question d’identité. « Le castillan est une langue comme les autres. Je l’utilise pour m’exprimer, mais je ne la considère pas comme ma langue maternelle. »

Ce sentiment de distanciation par rapport à la langue et la culture espagnole est courant dans une société dont, selon l’Observatori Català de Joventut, la moitié se considère catalanophone. Le système scolaire est construit sur le catalan ; tous les cours sont donnés dans cette langue, sauf les trois heures d’espagnol par semaine. En septembre dernier, la justice s’est prononcée contre cette organisation de l’éducation. Elle considére que si l’espagnol est co-officiel au catalan, ils doivent avoir le même poids au niveau scolaire.

Le mari de Mme Noi, Paul Caral, n’est pas de cette avis. « Le catalan va disparaître si on ne fait pas un effort pour l’éviter » dit-il dans un castillan hésitant.  « C’est pour ça qu’il faut imposer la langue sur quelques secteurs, au moins jusqu’à que le bilinguisme soit une réalité. »

Enric regarde son père parler, les yeux bien ouverts. À deux ans, les mots sortent de sa bouche avec détermination. Pendant la soirée de noël, on s’adresse à lui en castillan et catalan, et il semble comprendre la quasi-totalité des conversations. Cependant, il répond exclusivement en catalan. Ses proches madrilènes participent à ses jeux, mais ils n’arrivent pas à tout comprendre. Sa grand-mère leurs dit, avec un ton coupable, «c’est maintenant qu’il entre  dans le processus d’apprentissage et d’assimilation du castillan. »

Des petits animaux en plastique sont suffisants pour occuper le petit. Il joue, sans être conscient des difficultés de communication entre les adultes. Le gouvernement catalan a déjà annoncé qu’il n’obéira pas à la sentence qui condamne son modèle linguistique. Enric parlera le catalan à la perfection mais, peut-être, n’arrivera-t-il pas à être bilingue, comme sa mère et sa grand-mère.

Anuncios

Acerca de thestolenmoney

Étudiante de journalisme à l'IUT à Lannion Estudiante de Periodismo y Economía de la UC3M.
Esta entrada fue publicada en Sin categoría y etiquetada , , , , , , , , , , , . Guarda el enlace permanente.

Una respuesta a Le catalan, disparition ou imposition ?

Responder

Introduce tus datos o haz clic en un icono para iniciar sesión:

Logo de WordPress.com

Estás comentando usando tu cuenta de WordPress.com. Cerrar sesión / Cambiar )

Imagen de Twitter

Estás comentando usando tu cuenta de Twitter. Cerrar sesión / Cambiar )

Foto de Facebook

Estás comentando usando tu cuenta de Facebook. Cerrar sesión / Cambiar )

Google+ photo

Estás comentando usando tu cuenta de Google+. Cerrar sesión / Cambiar )

Conectando a %s